Faire l’amour sur une propa

Si ça se trouve, l’écrit a une genèse aussi lointaine que les sentiments.
Ecrit au sens le plus large possible, ne s’agissant pas seulement de la forme connue sous notre alphabet actuel, incluons les dessins, les différentes calligraphies, caractères… Ecrire pour communiquer un message, pour faire passer quelque chose, toujours/souvent à destination de quelqu’un (au pire simplement soi même en qualité d’extension de mémoire à l’extérieur).
Hier, les cœurs gravés sur divers supports, les lettres d’amours cachetées et enflammées (au sens propre), les contrats de mariage et autres en-gagements (mises en gage de soi même)…
Aujourd’hui les déclarations par le biais d’msn, les *« je t’M »* par texto envoyé et reçu à n’importe quel moment de la journée, les Bot en forme de cœur ou MP à résonnance affectueuse…
…et toutes ces littératures du genre, ces grands auteurs qui savent soupeser les temps, ajuster les termes, détailler jusqu’à l’ivresse des situations qui déstabilisent l’imagination…
A ce rythme, manquerait plus que l’on fasse l’amour sur une propa.
Sans le savoir, vous ouvrez Parano comme à votre habitude.
Vous allez faire un tour du côté de votre secteur.
Vous passez rapidement les propagandes en revu.
Vous songez à aller glisser un mot ou deux sur le wall avant de revenir y répondre.
Mais voilà qu’une propa attire votre attention et vient détourner ce projet.
Vous stagnez devant, votre cœur s’est accéléré.
Vous lisez, relisez ces quelques lignes… et entre les lignes.
Oh oui entre les lignes surtout. Respirez.
Vos mains tremblent, vous avez un peu chaud.
Elles sont un peu moites, vous devriez boire quelque chose.
A ce rythme, manquerait plus que l’on fasse l’amour sur une propa, non ?